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    CRITIQUE LITTÉRAIRE
    Pays de Neige - Kawabata Yasunari




    Critique publiée par Woland le 02-02-2007

    En 1937, Kawabata Yasunari achetait, dans la région de Shinshû, une petite maison sise dans la station thermale de Kazuira. Ce pays où il se plaisait tant allait servir de cadre pour l'action de nombre de ses romans et nouvelles, dont "Pays de Neige."

    Un riche Tokyôïte, Shimamura, se rend dans une station thermale pour y goûter deux ou trois jours de repos. Désoeuvré, il demande à la propriétaire de l'auberge dans laquelle il est descendu de demander une geisha. Mais comme une nouvelle route a été inaugurée le jour même, donnant ainsi prétexte à des banquets de notables, la chose se révèle impossible puisque toutes les geishas professionnelles du coin ont été retenues pour la soirée et la nuit. Devant la déception de son client, l'aubergiste lui parle alors de la jeune fille "qui habite chez la maîtresse de chant" et qui, bien que non professionnelle, accepterait peut-être. Une heure plus tard environ, Shimamura voit arriver dans sa chambre - "la chambre aux camélias - la jeune Komako dont il tombe presque instantanément amoureux. Devinant cependant qu'il se trouve en présence du genre de relation qui risque de durer bien plus qu'une seule nuit, il s'abstient de l'inviter à passer la nuit en sa compagnie. Peine perdue : ce qui ne se fera pas ce jour-là se fera le lendemain ...

    L'intuition de Shimamura ne l'avait pas trompé puisque cette scène, il se la remémore au cours d'un flash-back, alors qu'il est de retour à la station thermale pour y renouer avec Komako. Durant ce second séjour, il va en apprendre un peu plus sur elle - très peu à vrai dire. Par exemple qu'elle aurait été fiancée au fils de la maîtresse de chant et que ses fiançailles auraient été rompues par l'irruption, dans la vie du jeune homme, d'une autre femme. Or, par la grâce du hasard romanesque, il se trouve que, dans le train qui l'amenait de Tokyô, Shimamura a justement croisé le fils de la maîtresse de chant, accompagné d'une très belle jeune femme prénommée Yokô et qui semblait être, elle aussi, une enfant du pays. Le retour du couple s'explique par la tuberculose qui ronge le malheureux fils de la maîtresse de chant, lequel n'a plus qu'un désir : mourir dans sa maison natale.

    A partir de là, entre Shimamura et les deux femmes, Kawabata développe à petites touches une relation très bizarre, toute en non-dits et en faux-semblants, qui risque fort de laisser sur sa faim tout lecteur approchant ce livre dans une optique exclusivement occidentale. Certes, on peut se dire que, tandis que Komako symbolise la satisfaction sensuelle et sexuelle, Yokô représente celle de l'esprit ou, tout simplement, de l'oeil. Mais que devient dans ce cas l'amour sincère que Shimamura porte à la première ? ...

    Bien plus qu'une banale histoire d'amour, "Pays de Neige" est une recherche de la perfection et de la pureté à l'intérieur de ce sentiment. Seulement, pourquoi faudrait-il que la perfection prît corps pour atteindre à l'absolu ? En ce sens, le texte de "Pays de Neige" est à rapprocher de ces estampes ou peintures japonaises où l'on voit (par exemple) un petit personnage (vieillard, femme, enfant, peu importe le sexe et l'âge) cheminer, d'une allure qu'on devine lente, vers le sommet d'une montagne. Pour le spectacteur, il y a au moins autant, sinon plus, de plaisir à imaginer le repos qui l'attend qu'à contempler sa progression.

    A mon modeste avis, c'est dans cette optique rien moins qu'occidentale qu'on doit lire "Pays de Neige" et probablement les autres textes de son auteur. Faute de quoi, le lecteur risque de n'y rien comprendre et de se demander pourquoi Kawabata est tenu pour un tel maître - et, ce qui est plus grave, de passer ainsi à côté d'une oeuvre puissante et fragile, telle une fine lame d'acier aux mille reflets.


    Le critique : Woland
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