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    CRITIQUE LITTÉRAIRE
    Le Rêve - Emile Zola




    Critique publiée par Woland le 02-02-2007

    Depuis que je l'ai lu pour la première fois - ce qui fait un bail, déjà - "Le Rêve" n'a cessé d'évoquer pour moi cette ancienne pub pour le Canada Dry que vous avez certainement connue et qui disait à peu près ceci : "Ca a le goût de l'alcool, ça a l'odeur de l'alcool mais ce n'est pas de l'alcool !"

    Eh ! bien ! "Le Rêve" a le style de Zola, "Le Rêve" a la patte de Zola ... mais "Le Rêve" n'est pas du Zola !

    Même si l'auteur de "L'Assommoir" avait certainement de bonnes raisons pour l'écrire, ce roman fait tache dans cette superbe symphonie de noirceurs et de férocités que représentent "Les Rougon-Macquart." L'intrigue et ses personnages sont d'une mièvrerie confondantes - et j'ajoute qu'ils le resteraient même si Zola, au lieu de les placer à l'ombre d'une cathédrale et au milieu de broderies religieuses, les avait plantés à côté d'un bastringue.

    Dans "Le Rêve", tout est pur, éthéré et quasi céleste. Angélique, l'héroïne, prototype de la Vierge dans toute sa splendeur, est bâtie, on le sent, pour répondre à l'ambiguïté et aux ténèbres salaces qui entourent sa mère biologique - qu'elle ne connaît d'ailleurs pas : Sidonie Rougon, la soeur d'Eugène le ministre, d'Aristide le banquier et de Pascal le médecin, la fille de Pierre et de Félicité, les deux arrivistes et, par conséquent, la nièce de cette horreur ambulante qu'est Antoine Macquart.

    Abandonnée à l'Assistance publique, la petite fille est ballotée de famille d'accueil en famille d'accueil où, bien souvent, on la maltraite. Un soir, elle décide de s'enfuir et est recueillie, transie de froid - on se croirait dans "Les Misérables" - par un couple sans enfants, les Hubert. Ceux-ci s'attendrissent et l'adoptent. Comme ils sont brodeurs spécialisés dans les ouvrages religieux, la petite grandit dans une ambiance d'encens et de sérénité spirituelle assez rare qui, bien entendu, ne peut qu'encourager chez elle ces excès de passion aveugle qu'elle tient de son arrière-grand-mère, tante Dide et qu'on retrouve, dans un autre style et avec les conséquences que l'on sait, chez sa tante Marthe, la soeur de Sidonie.

    Elevée à l'ombre bienveillante d'une cathédrale, cernée par les livres contant le martyr de centaines de "bienheureux" et les bienfaits de la religion chrétienne, Angélique se fait de l'amour une très haute idée. D'ailleurs, elle compare tout de suite à St Georges le jeune peintre sur vitrail dont elle tombe amoureuse, Félicien de Hautecoeur.

    Félicien n'est autre que le fils d'un évêque entré en religion après la mort de son épouse. Il est, on s'en doute, d'excellente famille et l'idée que son unique rejeton puisse épouser une enfant adoptée par de simples brodeurs ne plaît pas du tout à l'évêque. Mais chez les Hubert, la mère n'est pas non plus d'accord car elle se méfie - peut-être avec raison - de toute cette passion.

    Devant le refus de Mgr d'Hautecoeur et les réticences de ses propres parents, Angélique sombre lentement dans une dépression résignée. Lentement, elle se consume. L'autorisation enfin accordée d'épouser son bien-aimé ne la sauvera pas. Après avoir donné son premier et dernier baiser à Félicien, elle meurt après la cérémonie célébrée par son beau-père et qui fait d'elle Mme de Hautecoeur.

    On se croirait dans un roman de Delly - et pas l'un de leurs meilleurs romans, en plus. Peut-être Zola s'est-il rendu compte, en plein travail, de la dissonance que représente ce bourgeon pâlichon égaré parmi les branches robustes et vénéneuses de ses "Rougon-Macquart." Assurément, se fût-il dispensé de l'écrire que l'arbre généalogique qu'il avait mis tant de soins à dresser n'en aurait pas dépéri pour autant.

    Mais l'obsession zolienne de tout expliquer par la nature physiologique des personnages a eu raison ici du génie de l'écrivain. Celui-ci a maintenu "Le Rêve", qu'on peut lire comme une curiosité et oublier illico, et il a eu tort de le faire. Le plus curieux peut-être, c'est que, dans l'ouvrage suivant, "La Terre", il tombera d'un excès de pureté dans un excès d'immondices paysans qui renouera avec le scandale ...


    Le critique : Woland
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