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    CRITIQUE LITTÉRAIRE
    Les Zinzins de Olive-Oued - Terry Pratch




    Critique publiée par Woland le 02-02-2007

    Pour le cinéphile qui se double, en général, d'un amoureux de l'Histoire du cinéma, "Les Zinzins d'Olive-Oued"*, dixième volume des Annales du Disque-Monde, est un vrai régal. Certains le trouveront un peu long mais, quand on lit et relit Pratchett, on se rend compte très vite que les longueurs, il adore.

    Tout commence une fois de plus à Ankh-Morpork où, comme nous l'avons déjà signalé, pullulent toutes les corporations professionnelles, dûment constituées en guildes. Parmi elles, la guilde des Alchimistes est plutôt méprisée. Du Patricien au dernier des voleurs, tout le monde les tient pour des espèces de malades mentaux, doublés d'incurables maladroits. Qui pis est, les expériences auxquelles ils se livres, souvent tonitruantes et toujours affichées comme scientifiques, frôlent le domaine de la magie pure alors que celui-ci demeure la chasse gardée des Mages de l'Université de l'Invisible.

    En ce jour (dont j'ai oublié la date exacte) du siècle de la Roussette, à Ankh-Morpork, à l'issue d'une explosion particulièrement formidable, un alchimiste noir de suie vient donc de créer un produit appelé à un avenir surprenant : l'octocellulose. Très inflammable, l'octocellulose deviendra le support idéal pour les images animées que peignent à toute vitesse enfermés dans des boîtes derrière un objectif, les traditionnels petits diablotins verts. Le résultat est fabuleux et tient presque du miracle : le clic (= nous disons film) est né.

    Peu soucieux de voir la puissante Université de l'Invisible émettre un veto quant à leur prometteuse invention et plus encore aux bénéfices pécuniaires qu'elle laisse deviner, les alchimistes décident de concert de s'exiler à Olive-Oued, un trou absolument perdu non loin de la côte, où, de toutes façons, la lumière sera idéale pour tourner les clics.

    Dans le but très louable de présenter à la population ankh-morporkienne "la kinématographie amusante et instructive", Gauledoin, président de la Guilde des Alchimistes, se charge d'organiser quelques séances publiques.

    Et c'est à l'issue de l'une d'entre elles que, comme beaucoup d'autres avant eux, Victor Tugenbeld, apprenti-mage à la veille de passer son examen du 3ème cycle ; Mme Marietta Cosmopilite, couturière de son état ; Détritus le Troll, éjecteur préposé à la porte du "Tambour Rafistolé" qui ne sait pas encore qu'un jour, il sera sous-officier du Guet de Nuit et le chien prodige Gaspode, lequel parle et raisonne avec un cynisme pratiquement humain, laissent tout tomber pour prendre (à pied et pratiquement sans rien dans les poches) le chemin menant à Olive-Oued.

    Tout à fait comme si des voix mystérieuses leur soufflaient à l'oreille de s'y rendre sans plus tarder ...

    Encore plus fort : Planteur Je-m'tranche-la-gorge, dit la Gorge, marchand de saucisses immangeables parfaitement à jour dans ses cotisations à la Guilde des Voleurs, célébrité locale de la population marchande et indicateur occasionnel du Guet, s'y laisse prendre lui aussi. Dans ces images qui sautillaient sur le drap ayant servi d'écran à la démonstration de Gauledoin, la Gorge a en effet repéré le reflet impérieux de milliers de pièces d'or.

    Bussinessman-né (avec tout ce que cela implique d'audace, d'arrogance, de mauvaise foi et de malhonnêteté), Planteur J.M.T.L.G. s'impose très vite au malheureux Gauledoin qu'il finira par évincer de la compagnie d'images animées qu'il a pourtant créée. Metteur-en-scène visionnaire avant la lettre (style Cecil B. de Mille revu et corrigé façon Terry Pratchett), hanté par des visions glorieuses de troupeaux d'éléphants en marche, de danseuses adroitement dénudées aux plis et rondeurs stratégiques et de batailles homériques filmées à grand renfort de figurants, il ne met pas longtemps à initier sur le Disque-Monde ce que notre monde à nous désigne sous le terme de star system.

    Pour financer tout ça, Planteur aura le premier l'idée des sponsors et des encarts publicitaires. (Ses prises de bec sur la question avec son neveu, Sol, donnent d'ailleurs quelques uns des dialogues les plus hilarants du livre.)

    Mais revenons aux "étoiles" de Planteur J.M.T.L.G. et de son studio (l'ex-studio de Gauledoin rebaptisé "Les Films du Siècle de la Roussette").

    Elles s'appellent Victor Marasquino (alias Victor Tugenbeld) et Dolores de Vyce (alias Theda Whitel, Ginger pour les intimes). L'ancien marchand de saucisses chaudes fourrées dans des petits pains rassis ne sait pas trop comment ça se fait mais dès que l'opérateur Electro commence à tourner sa manivelle pour enregistrer les images animées, ces deux-là changent. Une alchimie incompréhensible se produit, les hommes soupirent, les femmes se pâment ... le tiroir-caisse tinte.

    Fort heureusement pour nous et surtout pour la survie du Disque-Monde, on ne fait pas des études de mage sans que la chose ne laisse sa marque sur vous. Aussi Victor se rend-il très vite compte que, dans cet Olive-Oued qui grouille de figurants, où les maisons ne sont que des décors interchangeables et où chacun - humain, nain, troll et même elfe - ne semble penser qu'à l'image de lui-même qu'il donne au monde extérieur, quelque chose ne tourne pas rond.

    Aidé par Gaspode, le chien parlant qui s'est attaché à lui, Victor s'aperçoit que, presque toutes les nuits, Ginger se transforme en une somnanbule qui s'en va dans les dunes afin d'y creuser le sable et d'en dégager une porte. Cette découverte, ajoutée à un livre écrit dans une langue pictographique visiblement très ancienne qu'il a récupéré entre les mains d'un cadavre abandonné sur une plage voisine, finit par le persuader que quelque chose d'invisible (Olive-Oued ? son genius loci ? autre chose de bien pire ?) tire toutes les ficelles de cette ruée sur les images animées ...

    Mais dans quel but ?

    L'ouvrage abonde de clins d'oeil et de jeux de mots qui raviront et/ou attendriront les amoureux du cinéma. C'est aussi dans cet opus qu'apparaît pour la première fois le personnage de Mustrum Ridculle, dit Ridculle le Brun, nouvel archichancelier - et pour longtemps, croyez-moi ! - de l'Université de l'Invisible. Un anticonformiste de très haut niveau qu'on se réjouira de retrouver dans les volumes ultérieurs. Ses échanges avec le malheureux économe - qui commence ici à osciller doucement vers la folie douce - sont des plus savoureux et j'avoue y trouver, je ne sais trop pourquoi, un son qui me rappelle les pires délires d'Alphonse Allais ou de Pierre Dac.

    Enfin, détail très important pour la suite des volumes, c'est à la fin des "Zinzins ..." que la Mort s'autorise deux "irrégularités" qui seront à l'origine de l'intrigue du "Faucheur", le tome suivant.

    La Mort, de plus en plus sympathique, il faut bien le dire.

    * : dans le texte original, Pratchett a utilisé le nom "Holly-Wood."

    Enfin, je ne résiste pas à vous indiquer un lien très intéressant.

    Vous y trouverez pas mal de notes, notamment sur les clins d'oeil cinéphiliques par lesquels Pratchett, dans son "Olive-Oued", rend hommage au cinéma tout en le tournant en dérision. On notera le nom anglais de Gauledoin : Silverfish qui, évidemment, fait penser à Samuel Goldwyn, de son vrai nom Samuel ... Goldfish.

    Eh ! oui ! N'en déplaise à certains bonnets de nuit tout à fait primaires, Terry Pratchett est un monsieur bougrement cultivé. Par exemple, si les premiers cinéastes décidèrent de quitter l'Est des USA pour s'installer à Hollywood, c'était bel et bien en raison de la lumière ...


    Le critique : Woland
    Note :
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