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    CRITIQUE LITTÉRAIRE
    La Maison Aux Esprits - Isabel Allende




    Critique publiée par Woland le 15-12-2007


    Toute « La Maison aux Esprits » est contenue dans la dédicace de l’auteur :

    « A ma mère, à ma grand-mère et à toutes les femmes extraordinaires de cette histoire. »

    Car ce roman est avant tout celui de cinq femmes.

    L’arrière-grand-mère tout d’abord, Nivea del Valle, l’une des premières suffragettes chiliennes. Comme ses homologues britanniques, cette épouse d’un athée franc-maçon n’hésita jamais à s’enchaîner aux grilles devant les hauts lieux de la vie politique du pays. Prête à seconder activement son mari en politique dans le seul espoir de faire un jour promulguer une loi donnant le droit de vote aux femmes, Nivea est – déjà – une forte personnalité, allergique au clergé catholique et moderne avant l’heure puisqu’elle entend ne pas trop contrarier la Nature dans l’éducation de ses enfants. C’est qu’elle a mis au monde quinze enfants dont onze seulement survivront. Parmi ses filles, l’aînée et la cadette connaîtront un destin étrange : par une farce macabre du Destin, la seconde finira en effet, après le décès de la première, par épouser le fiancé de celle-ci.

    La grand-tante ensuite, Rosa, d’une beauté si sculpturale et si étrange que, bien qu’il appartienne à une famille singulièrement appauvrie par les folies paternelles, Esteban Trueba comprend, dès qu’il la voit, que ce sera elle, et personne d’autre. Pour lui garantir le train de vie auquel elle est habituée, le jeune homme part pour deux ans exploiter une concession minière. Travail ingrat et désespérant qui, le jour même où il porte enfin ses fruits – la découverte d’un filon prometteur – perd sa raison d’être : par un télégramme de sa sœur, Férula, Esteban apprend que Rosa vient de mourir, empoisonnée par erreur pour avoir bu une liqueur destinée à son père et dont on ne saura jamais qui en avait déposé la bouteille chez les del Valle.

    La grand-mère enfin, pivot central du roman, Clara, sœur cadette de Rosa. Pressé par sa propre mère alors aux portes de la Mort et frappé par la beauté de la jeune fille, qui lui rappelle celle de la disparue, Esteban l’épouse dix ans après le décès de Rosa. A cette époque, lui-même est devenu un parti plus que présentable. Outre les bénéfices de la concession minière qu’il continue d’exploiter par ingénieur interposé, il a remis sur pied une propriété qu’il tenait de sa mère, les « Tres Marias. » C’est donc à un homme riche, terre-à-terre et rude que se lie Clara, en toute connaissance de cause puisque ses prémonitions l’en avait avertie. Toute enfant, Clara avait déjà des prémonitions (elle avait annoncé la « mort pour une autre » de Rosa et, terrifiée d’avoir si bien prédit, se refusa par la suite à émettre un seul son pendant les dix ans qui suivirent). Elle parlait aux esprits et, toute sa vie, les esprits accompagneront et chériront ce charmant médium qui, jamais, ne se laissera aller au pessimisme ou au désespoir. Quand elle mourra, après une vie bien remplie, laissant derrière elle un Esteban Trueba inconsolable, « la Maison aux Esprits, » qui donne son nom au roman, perdra beaucoup de son âme.

    La mère, Blanca, fille de Clara et d’Esteban. Si sa mère ne lui a pas légué son talent pour faire tourner les guéridons et ressentir la présence de l’Au-delà, elle lui a assuré le caractère fort et rebelle aux conventions établies qui, depuis Nivea, semble caractériser les femmes de la famille. A tel point que, le temps venu, Blanca n’hésite pas à devenir la maîtresse du fils de l’un des fermiers de son père, Pedro Garcia III. On imagine la fureur d’Esteban … Comme Blanca se retrouve enceinte, elle doit finalement se résoudre à épouser, pour sauver la face, un aristocrate français qui passait par là, le dénommé Jean de Satigny. Mais, lorsqu’elle finit par découvrir les étranges préférences sexuelles de son époux, elle s’enfuit et s’en retourne chez ses parents. Et c’est dans « la Maison aux Esprits » que naît la quatrième héroïne du conte …

    … la petite-fille et arrière-petite-fille, Alba, la narratrice principale. C’est elle qui retrouvera les « cahiers de notes sur la vie » que la grand-mère Clara avait commencé à rédiger alors qu’elle n’avait même pas dix ans. C’est elle qui aura l’idée de demander à son grand-père de l’aider à reconstituer ce qu’elle peut encore ignorer du passé familial. Et c’est donc elle qui introduira dans ce roman si dominé par les femmes la seule voix masculine d’envergure qui s’y fera entendre. Cela se passera après le coup d’Etat de Pinochet et de la Junte, après que le vieil Esteban sera parvenu à faire sortir Alba des geôles du pouvoir. Le monologue effondré du vieillard, s’en allant demander de l’aide à la seule personne susceptible de faire libérer sa petite-fille, constitue, je trouve, l’un des morceaux de bravoure du livre. Toute l’histoire du Chili, depuis la fin du XIXème siècle jusqu’aux jours sombres de la Dictature post-Allende, défile ici en un saisissant et émouvant raccourci, exposant les faiblesses et les forces non seulement de la classe possédante « traditionnelle » dont Trueba est le rude représentant mais aussi de la classe « prolétaire », symbolisée pour sa part par Miguel, un guerillero gauchiste dont Alba est tombée amoureuse.

    Bref, même s’il faut s’habituer à un style qui privilégie les virgules au détriment des points, ce roman paraît touché par la grâce et on le lit presque d’une traite tant les personnages qui le traversent sont prenants et convaincants. L’auteur est une conteuse-née, la chose ne fait aucun doute et cet art se fait trop rare de nos jours en littérature pour qu’on ne l’apprécie pas comme il se doit. Bonne lecture ! ;o)


    Le critique : Woland
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