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    CRITIQUE LITTÉRAIRE
    Cecile David-Weill: Femme de...




    Critique publiée par Caroline le 21-07-2002

    Un hôtel à la Baule, genre "Relais et châteaux", dans lequel une grande multinationale rassemble ses cadres et leurs épouses pour un de ces séminaires où l'on va parler de "synergie" et de "compétitivité". Ses héros ? Des cadres, précisément, tenaillés par le stress, l'ambition, l'envie, la déprime. Et, dans ce portrait de groupe, l'auteur privilégie trois couples donc chacun se retrouvera au centre de chacune des trois parties qui distribuent ce roman.

    Cécile David-Weill, pamphlétaire ou presque !
    par Caroline Lhonneux - E-novateur.org

    Il y a longtemps que l'on en rêvait et Grasset a osé… Ou plutôt n'a pas réalisé que derrière le roman de Cécile David-Weill " Femme de… " se cachait un véritable pamphlet ! Trois parties dans le livre, trois couples, trois femmes de cadre, trois vies déclinées autour d'un séminaire de travail à La Baule. D'une mise en scène quasi cinématographique surgit l'inattendu et une réalité dépeinte de façon satyrique par l'auteur : celle du culte de l'arrivisme et de la sociologie de la réussite ancrée dans la majorité des Inconscients des travailleurs de bonne foi. Des " je t'aime, moi non plus " dits à demi-mot, tout se casse la gueule et tombe à l'eau. Sur les pages glisse la cruelle vérité qui fait office de bel adieu aux couples, aux espérances carriéristes et aux certitudes amoureuses. Les projecteurs sont alors braqués sur tous ces patins professionnalisés et sur leurs relations amoureuses inévitablement dictées par les mœurs, les manières et les techniques de ces multinationales régissant leurs existences.

    L'écrivain ose les contrastes, passant allégrement de la volupté et de la beauté de deux amants bcbg à leur vie qui n'est que non-dits, faux semblants et hypocrisie. Pourquoi tant de galéjades ? Pour la sauvegarde de ces belles valeurs que sont le couple, le mariage et la catégorisation socio-professionnelle. L'histoire est à la fois douce, dure, impitoyable, sensible mais est surtout le reflet de personnages qui ne sont plus que de petites ombres errant de bureau en bureau et de séminaire en brunch d'affaire. Reflets de vies qui n'ont plus pour elles que cet indispensable " somatisation ", cette biologie naturelle loin de toute envie ou de toute passion. Ces cadres ne savent pas encore que tout n'est que mascarade, leurs épouses le savent. Pas d'existences parfaites dans une petite maison dans la prairie sous des airs heureux, ils se retrouvent simplement à regarder dans un rétroviseur le passé de leur vie, ce qu'ils auraient voulu être, voulu vivre et qui déjà, leur est passé sous le nez. Quelles sont les raisons de préférer un congrès à une balade sur la plage ? L'impossibilité d'arrêter le monde de tourner ! Le monde va trop vite, les journées n'ont que 24 heures et le temps, c'est de l'argent ! Les ultimes perspectives de ces hommes sont de tout faire pour arriver, arriver vite, sprinter ! Ecraser tout et tout le monde sur leur passage, aller plus vite encore ! Cirer les pompes du boss, lui apporter son café, le flatter pour monter d'une marche encore, rien qu'un seul échelon dans l'estime de leur patron… Ces " Femmes de… " : Nelly, Sylvie, Diane n'ont pas de sentiment carriériste qui les pousse à l'hypocrisie, aux coups bas et aux assassinats rêvés de collègues trop encombrants. Voilà pourquoi au cours de ce fameux séminaire, où même les chambres et les suites se distribuent en fonction de la hiérarchie, elles décident de faire le point sur leur vie, leur couple et leurs souhaits qui diffèrent incontestablement de ceux de leurs maris.

    Cécile David-Weill a choisi le ton, celui de la vérité. Celle qui n'est pas toujours bonne à dire, qui fait mal et cloue au pilori maris et ambitions mal placées. Cécile David-Weill a choisi le style, celui de la cruauté, celui de la vie telle qu'elle est quoi qu'on en dise. Cécile David-Weill a choisi la forme celle d'un phénomène omniprésent, quotidien, affligeant. L'auteur a enfanté une œuvre qui, bien plus que de provoquer pleurnicheries et autres apitoiements sur le sort de ces Femmes de… , les a rendues capables de maîtriser un destin et un futur qu'elles envisagent chacune différemment mais dont le point commun a été de remettre à sa place la sociologie de la réussite, c'est à dire au fond d'un trou !

    J'en profite pour saluer la critique qui a trouvé ce livre : " Savoureux et diablement bien observé ", on ne peut que lui donner raison. Mon seul regret étant de n'avoir lu, pour seule autre explication à ses impressions irréfutables qu'un résumé de la quatrième de couverture. Pourquoi bon nombre de critiques littéraires se refusent-ils à s'engager dans leurs écrits ? Manque de mots, de talent, peur de réactions des maisons d'éditions, contraintes éditoriales, marketing ? Pas de réponse sous la main, ni à la plume, mais ce phénomène est typiquement révélateur de la sociologie de la réussite que l'écrivain dénonce dans son livre. Il serait mauvais de se faire virer pour avoir osé écrire un article qui soit autre qu'un résumé " simpliste " d'un dossier de presse qui n'engage rien ni personne. Autant assurer ses arrières, se la jouer politiquement correct, en espérant passer rédac' chef d'ici quelques années…

    Femmes de…, Cécile David-Weill, Grasset, 2002, 186p.


    Le critique : Caroline
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