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    Jean PASQUIERS
    Jeannot chez les nazis
    Journal d'un Déporté du Travail 1943-45

    NotoriétéPopularitéPalmarès
              



    Commentaire de Woland :

    De bout en bout passionnant, ce journal d'un Français qui, comme Georges Marchais, partit pour le STO, nous donne une vision extrêmement détaillée et souvent ambiguë (mais l'époque ne l'était-elle pas, comme tous les temps de guerre ?) de la Seconde guerre mondiale.

    Gaieté et amertume s'y mélangent et, même si je ne suis pas toujours d'accord avec les opinions de l'auteur (sur de Gaulle, notamment) sa vision d'une Histoire qu'il a tout de même vécue me paraît juste sur le fond.

    Je relirais volontiers ce livre en format papier, c'est tout dire, d'autant qu'il fourmille de personnages authentiques et attachants jusque dans leurs imperfections. A découvrir et à recommander. ;o)

    NB : une seule réserve, le titre. A mon avis, quelque chose comme "S.T.O. : Journal d'un Déporté du Travail" serait plus heureux. Mais ce n'est que mon opinion. A ce propos, la couverture est superbe. ;o)

    Son évaluation :
    Réponse de l'auteur au commentaire de Woland :

    Bonjour,
    J'ai tenté, au cours de l'année 2002, de trouver un éditeur qui accepterait de publier ma chronique. J'en ai sollicité une demi-douzaine ; tous m'ont opposé un refus poli, mais net, en dépit du fait que les témoignages directs sur le STO sont rarissimes, et qu'il m'apparaissait que se présentait là un créneau à exploiter pour les éditeurs.
    "Votre travail ne correspond pas à notre attente" (Plon). "Ne correspond pas à ce que nous désirons publier actuellement" (Robert Laffont-Seghers, Stock). Seule la maison L'Archipel a eu la bonté de faire état des "qualités du texte", mais en invoquant des "contraintes éditoriales" qui sont tout à fait "étrangères" à la valeur de l'ouvrage.
    Bon. Ma production ne manquera pas au monde des lettres. Elle est trop longue, du reste; le titre n'en est peut-être pas très bien choisi (il fait penser à Tintin). Témoignage trop tardif aussi : ces histoires s'enfoncent dans la grisaille d'un siècle révolu. Toute ma petite vanité de candidat auteur rentrée, je n'ai pas insisté, et j'ai pensé à autre chose.
    Et puis, un jeune ami à qui mon récit avait plu eut récemment l'idée de se brancher sur Internet en consultant un éventuel site STO. Le site existe. Curieusement, il ne comporte qu'une relation fragmentaire, celle d'un autre ancien déporté du travail, Roger Noblet, rescapé des bombardements anglais sur Hambourg de 1943. Mais surtout, le document débouche sur une polémique inattendue. Roger Noblet avait adressé, lui aussi, son récit à Robert Laffont ; celui-ci lui avait réservé un accueil très favorable. Le célèbre éditeur s'était engagé personnellement à entreprendre la publication. Mais il n'y eut jamais de suite. Aucune explication ne fut fournie à l'auteur, dont les demandes réitérées se heurtèrent à un silence total et définitif. Roger Noblet en a tiré ses conclusions : une consigne occulte mais très forte pèse sur le monde de la communication pour y interdire tout témoignage, voire toute allusion au sort des déportés du travail.
    Après tout, pourquoi pas ? Ne serait-ce point, en effet, que l'ostracisme politique qui avait suivi notre retour des camps en 1945 s'est perpétué, voire renforcé au fil des décennies jusqu'au seuil du nouveau siècle avec une opiniâtreté imbécile et stupéfiante à laquelle le temps qui passe ôte à mesure toute justification rationnelle. Les passions sont-elles à ce point inextinguibles ? Quels intérêts secrets seraient en jeu ? Qui a peur d'un Jeannot chez les nazis ? Il n'est pas interdit de poser la question, si bêtement prétentieuse puisse-t-elle paraître.
    Nous autres du STO avons été d'emblée catalogués comme les brebis galeuses du troupeau des victimes de guerre. Sur nous a pesé la honte du statut de salariés du Reich, soumis à la même législation sociale que les travailleurs allemands. Le fait d'y avoir été contraints et forcés ne pèse pas contre cette tare irrémédiable. Là est sans doute l'origine du rejet officiel dont nous avons fait et faisons toujours l'objet.
    Nous n'en avons pas été punis - c'était déjà beaucoup, au yeux des plus excités ; mais nous n'avons pas le droit d'en parler. Voilà toute l'affaire, je crois.
    Et puis, il se glisserait dans nos récits, inévitablement et en toute innocence, quelques vérités dérangeantes.
    C'est que nous avions vu le peuple allemand au travail, chez lui. Nous avions découvert, contrairement à ce qui se disait en France et dont on a fait la mythologie officielle, que tous les Allemands n'étaient pas des nazis, en 1943-44, qu'eux aussi subissaient la guerre, et qu'ils payaient maintenant très cher l'aveuglement qui les avait soumis à Hitler dans le vertige des années de triomphe. Parfois des liens de compréhension voire d'estime réciproque s'étaient établis entre "maîtres" et "esclaves". C'est cela aussi que l'histoire officielle a voulu occulter, cette forme de collaboration qui ne voulait pas dire son nom. Nous étions en quelque sorte des collabos, non par choix, mais consentants.
    Le pouvoir en France a figé le passé. On a établi une fois pour toutes que l'Allemagne de 1943-1945 était le monstre abominable. Malheur à qui l'a accepté ! Notre cas très particulier s'est transformé en sujet tabou : nous avons commis la faute suprême de ne pas avoir dit non à la déportation, comme si cela allait de soi, comme si ç'avait été une chose naturelle et toute facile. Volontaires pour le travail en Allemagne (ceux d'avant 1942) ou pas volontaires, c'était tout un, on a tout mis dans le même sac. Bien ficelé, bien fermé, et nos petites gueules aussi.
    De toute façon, peu ont eu l'idée de l'ouvrir pour se raconter. Il n'y avait pas grand-chose à raconter, pour la plupart. J'ai eu de la chance, par une situation un peu hors norme, de pouvoir accumuler des anecdotes, des études de caractères, des souvenirs pittoresques ; mais même cela n'a pas eu raison de la consigne. C'est dommage. Le STO ne comptait pas beaucoup d'écrivains en puissance dans sa masse d'ouvriers ou de jeunes incorporés. Si certains ont rédigé des relations, il est probable que les éditeurs pressentis ont jugé qu'elles n'intéresseraient qu'un trop petit nombre de lecteurs éventuels. Tout le monde n'a pas le brio de Cavanna. Quand je dis : c'est dommage, je ne pense pas à moi. Je veux simplement déplorer le fait que, quand notre génération aura disparu, le petit pan d'histoire que nous représentons sera mort avec nous sous la dalle de l'oubli définitif.




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